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SEYDOU
DJIRE
L'HOMME QUI DOMPTA LA JACINTHE
D'EAU
Comment
peut on croire que là
où des consortiums
d'entreprises comme COVEC
(Chine) et SDEM (France)
ont pu échouer, un
pauvre pêcheur, n'ayant
jamais fait l'école
classique puisse réussir
?
L'insolite
est pourtant bien là.
La jacinthe, cette plante
bulbeuse qui nous est venue
d'Asie, juste pour ses couleurs
éclatantes, a constitué
en raison de sa prolifération
rapide et en quelque temps
une menace sérieuse
pour l'ensemble des plans
d'eau du Mali, en particulier
les zones rizicoles de l'Office
Riz Ségou et Mopti,
l'Office du Niger et les
Périmètres
de Baguineda.
Il a fallu
l'intervention de Seydou
Djiré, illustre inconnu
pour faire barrage à
cette nuisance des temps
modernes. Né en 1960
à Segoucoura, fils
de pêcheur, Seydou
n'a même pas avancé
à l'école
coranique qu'il s'aventure
en Gambie, au Sénégal
et en Cote d'Ivoire pour
continuer son activité
de pêche. 1997, le
voilà revenir chez
lui à Ségou
où parallèlement
à sa vocation d'origine,
il se découvre des
qualités d'exploitant
de gravier et de sable.
"J'avais
loué un bateau avec
chalands de 120 tonnes et
je cherchai mes matériaux
de construction à
40 km de là, à
Mion et Fanzogo, sans compter
mes 4 pirogues de 6 tonnes
chacune ", se souvient
celui qui se rappelle encore
avoir entièrement
donné satisfaction
à EDM.SA, qui lui
a fait signé son
premier grand marché,
avec l'extension du courant
électrique à
Ségou lors de la
CAN 2002. "Le contrat
a duré 18 mois et
EDM.SA me payait 4 millions
de F CFA par mois ".
Ce fut la même
chose que pour la construction
du Stade Amary Daou où
pour les 20 mois de contrat
je leur livrai du gravier
et du sable pour 9 millions
de F CFA par mois. Les écoles
de différentes communes
du cercle de Ségou,
appuyées par les
fonds ANICET, c'est lui
qui les a construites, cette
fois avec son entreprise
qui s'est donnée
entre temps une autre vocation,
sans compter enfin les differents
contrats qui le lient à
CARE Mali.
L'homme qui
refuse de baisser toute
sobriété pour
faire cas de tous ses chiffres
d'affaires a de quoi pour
ce faire, en cherchant à
éviter qu'on ne se
méprenne aujourd'hui
sur sa collaboration avec
les services du département
de l'eau au Mali.
C'est que depuis
qu'il a mis en place son
dispositif pour arrêter
la progression de la jacinthe
en 1999, il est le seul
entrepreneur et son Groupe
"Danaya" à
qui on fait appel pour cette
activité de faucardage,
comme avec la lutte contre
une nouvelle plante, le
Salvinia visible aujourd'hui
sur le Niger et pour lequel
21 millions de F CFA lui
ont été attribués
pour débarrasser
les eaux de cette nuisance.
Ce qui ne va
pas sans jalousie. Or, pour
concrétiser son invention,
Seydou Djiré, depuis
le 29 décembre 2003
a reçu à Yaoundé
au Cameroun, son Brevet
d'Invention décerné
par L'Organisation Africaine
de la Propriété
Intellectuelle (OAPI) sous
le numéro 12388.
Ce dispositif constitué
par un ensemble de fûts
vides attachés les
uns aux autres par une corde
en nylon et maintenus par
des crochets mobiles pour
faciliter son mouvement
avait connu un sabotage
de certains vandales mais
depuis, l'ingénieux
Djiré a transformé
le nylon en câble.
Ce qui du coup
lui permet toujours d'être
la solution de l'infestation
des canaux d'irrigation
des zones agricoles.
Moutta
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