Le Ségovien

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DEPIGMENTATION : LES SEGOVIENNES S'Y METTENT
Amy

Amy est une jeune lycéenne. Elle entre dans le bureau du médecin. Sa peau est claire, beaucoup plus qu'elle ne l'était il y a quelques mois auparavant . Un peu gênée, elle expose au médecin son problème.

  Amy a constaté l'apparition de petits furoncles sur plusieurs parties du corps et elle ne cesse de se gratter...

Constatant le changement dans la couleur de la peau d'Amy qu'il connaît bien, le toubib n'a pas besoin de plus d'informations pour établir son diagnostic. Il fait face à un autre cas de dépigmentation. Comme il en voit à Ségou tous les jours maintenant. Nos concitoyennes ont décidé, elles aussi, d'aller vers la mode : la dépigmentation, celle qui, pour des femmes noires, et pour une raison ou une autre, consiste ici à se blanchir.

"Ce besoin de modifier la couleur de la peau provient tout simplement d'un complexe", nous explique le Docteur Zoumana TRAORE de l'hôpital de Ségou : "Elles croient fermement qu'une femme de teint clair plaît plus aux hommes que celles de teint noir". Qui ne manque pas de dire que ce besoin peut également être créé par un choix esthétique personnel ou par volonté de suivre une mode.

Car effectivement il n'est pas rare de rencontrer à tout bout de rue ces femmes qu'on ironise par le sobriquet de "Tchatcho dimogoba gnekelen", autrement la proie des mouches, puisque ces bestioles accompagnent généralement celles dont la dépigmentation n'a pas réussi. La majorité est victime de plusieurs symptômes : apparition de furoncles, prurit, démangeaison… Plus grave, demeurent l'affaiblissement du système immunitaire et la réduction de l'élasticité de la peau.

Cependant à la décharge de celles ci, il faut dénoncer une publicité mensongère sur les produits cosmétiques et l'absence de tout contrôle sur le marché. Ils sont vendus sous divers noms sans équivoque : TOP CLAIR, METISSE CLAIR, PEAU CLAIR... et à des prix imbattables, entre 300 et 5000 F CFA.

Malheureusement, la liste des composants du produit est généralement absente ou incomplète. Ce qui laisse les utilisatrices dans l'ignorance absolue. Pourtant le Dr TRAORE est formel. Il est urgent pour les autorités de voter une loi réglementant la vente de ses produits, car ils contiennent de la cortisone, une substance dangereuse qui ne se vend que sur prescription médicale.

En Gambie voisine, des mesures ont été prises dans ce sens comme la congédie de toute fonctionnaire du service public qui se depigmente.

Mais ici, le peut-on, car, au niveau des décideurs, si ce n'est pas elle même qui s y adonne, c'est l'épouse qui s y excelle !!!


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