LE
PDG DE L'OFFICE DU NIGER
DANS LES ZONES
LA DEMARCHE DU TERRAIN
En procédant la
semaine dernière
à une vaste tournée
dans les zones rizicoles
de l'Office du Niger,
le Président Directeur
Général
de cette unité
agro industrielle perpétue
une coutume qui lui permet
de suivre sur le terrain
l'évolution de
la campagne agricole.
Aussi, en cette période
d'invasion acridienne
tout au long du septentrion
du pays, Issoufou Keita
était allé
appuyer ses hommes sur
les méthodes pouvant
circonscrire le mal, de
manière à
ce qu'il ne leur rende
pas visite.
La première étape
qui a conduit la forte
délégation
de l'Office du Niger composée
de techniciens s'est rendue
successivement dans le
Macina, le Kouroumari
et Ndebougou avant l'etape
de Molodo aujourd'hui
et Niono demain. Cette
visite de terrain a permis
aux acteurs des zones
rizicoles de l'Office
du Niger d'échanger
sur tous les aspects qui
feront en sorte que le
géant du riz malien
atteigne son objectif
de couvrir plus de la
moitié des besoins
des populations en riz
cette année. Plus
de 84% des superficies
prévues ont été
déjà labourées
et certains paysans voient
même leur champ
à l'état
d'épiaison comme
à Ndebougou quand
la majeure partie se trouve
à celui du tallage.
Le challenge n'est pas
au dessus des moyens et
des capacités de
l'Office du Niger tant
l'évolution des
activités se poursuit
comme prévu, même
si le récurrent
problème d'approvisionnement
en engrais a fait surface
partout où le PDG
a passé. Issoufou
Keita a rappelé
de nouveau la genèse
du nouvel Office du Niger
qui attribue toute cette
activité aux paysans
eux-mêmes. Mais
d'ajouter que l'appui
conseil qui leur est dévolu
concourt à ce que
l'Office fasse ce qu'il
devrait faire. Ainsi le
PDG dira aux paysans que
plus de 1,5 milliard de
F CFA ont été
transféré
du défunt Office
du Niger en 1994 au profit
des Fédérations
de Caisses Mutualistes
gérées par
les mêmes paysans
en vue de leur approvisionnement
en engrais.
Aussi, l'Office du Niger
dira t-il a organisé
des voyages d'étude
dans divers pays côtiers
pour certains responsables
paysans en vue de se familiariser
avec le circuit du transport
de l'engrais depuis les
usines avant de les initier
au processus de lancement
des avis d'appel d'offres.
" Nous ne pouvons
pas faire votre travail
à votre place mais
nous jouerons notre rôle
" a assuré
un PDG qui a exhorté
les paysans à plus
de responsabilité
dans les missions. Dont
une autre est celle de
la sécurisation
des infrastructures rizicoles
(réseau, drain
et autres ouvrages) et
des champs contre les
rongeurs et surtout la
menace des criquets. Il
a invité tous les
paysans à sonner
l'alerte dès la
vue d'une larve, à
se former auprès
des conseillers agricoles
bref à être
prêt pour qu'aucune
sauterelle ne vole sur
les superficies aménagées
de la zone Office du Niger.
Dramane Bagayoko
ZONE DE
MACINA
TOUS CONTRE LE SALVINIA
!
Première
étape de la tournée
du PDG de l'Office du
Niger.
Zone de Macina.
Avec ses 18599 ha de terres
en production sur lesquelles
il faut compter le nouvel
aménagement de
500 ha du casier de Nayo,
la zone de Macina a de
quoi espérer cette
année sur une moisson
importante : l'eau est
disponible permanemment
dans les réseaux.
Les paysans
qui avaient pu bénéficier
de semences de qualité
grâce à l'APS,
une de leurs nombreuses
organisations, suivent
jusque là le calendrier
des opérations
de culture. Ce qui permettra
au terme des récoltes
de réussir une
production de 116 066
Tonnes de riz paddy pour
un rendement moyen de
6,2 Tonnes à l'hectare.
Le PDG de l'Office du
Niger qui rencontrera
dans l'après midi
les exploitants agricoles
et leur organisation avait
pu visiter certains champs
et ouvrages. Il a exigé
à ces derniers,
afin d'atteindre cette
ambition, de rendre propres
les infrastructures agricoles
comme les cavaliers et
les arroseurs et surtout
de prendre des mesures
énergiques contre
une nouvelle plante sauvage
appelée le salvinia.
Originaire des régions
du fleuve Zambèze,
cette herbe est plus dangereuse
que la jacinthe. Il semble
que sa venue au Mali a
consisté à
vaincre justement la jacinthe
qui n'est plus qu'un mauvais
souvenir. Elle peut peser
80 tonnes à l'hectare
et se reproduit simultanément.
La
Direction de la Zone en
a fait une préoccupation
en s'organisant avec les
paysans pour chaque jour
nettoyer les canaux envahis
par le salvinia, encombrant
et vorace. L'approvisionnement
en engrais a été
soulevé par les
paysans, qui reconnaissent
qu'étant déjà
endettés auprès
des fournisseurs de ces
intrants il leur a été
difficile de s'en procurer
dans les délais.
Toute chose qui leur a
obligé à
employer le Sugubè-Sugubè.
Ces derniers doivent désormais
cohabiter avec de nouvelles
familles installées
dans la zone à
cause de l'éviction
de certains mauvais payeurs
de la redevance eau. Les
comites paritaires de
gestion des terres, composés
des délégués
des paysans n'ont pas
eu d'état d'âme
contre ceux qui ont cru
continuellement que la
redevance eau ne sera
pas payée au point
de faire leur mea-culpa
devant le PDG avant de
le suppléer pour
qu'ils retrouvent leur
champ. C'est le cas des
villages de Tongolo-Coura
et Kokry Bozo. Le PDG
a rétorqué
qu'il était impossible
de contourner les textes
au risque de faire des
mécontents et des
frustrations, car dira
t-il " si nous réintégrons
ceux qui n'ont pas payé,
il nous sera difficile
de convaincre l'an prochain
95% de ceux qui ont respecté
les textes cette saison
". 882 nouveaux chefs
d'exploitation dont 108
femmes ont donc été
installés sur 1628
ha suivant des critères
comme la population totale
du village demandeur,
le nombre de travailleurs
hommes, l'équipement
et la résidence
actuelle du demandeur.
Il faudrait aussi ajouter
le cas de certains jeunes
ruraux qui bénéficient
déjà d'un
Programme à leur
intention.
Dans la Zone
de Macina, ils sont 16
jeunes prévus,
dont 13 ont déjà
été installés
sur une superficie de
40,56 hectares. Neuf parmi
eux ont pu pour l'instant
bénéficier
d'un financement auprès
de la BNDA pour 3 824
500 F CFA.
D. Bagayoko
ZONE DU
KOUROUMARI
L'EXEMPLARITE DES OERT
La dernière
zone de l'Office du Niger,
du point de vue antériorité
des aménagements
ne veut pas faire de ses
handicaps une fixation
: vétusté
du réseau d'irrigation
et de drainage, accès
difficile à la
Zone occasionnant une
importante perte de valeur
ajoutée pour les
producteurs, sous équipement
de certains services et
constituant également
un dortoir des oiseaux
granivores.
Comme si
tout cela ne suffisait
pas, la menace acridienne
est aux portes du Kouroumari,
à moins de 60 Km.
En dépit de tout
cela, la Zone du Kouroumari
poursuit ses activités
de campagne sous de bons
auspices. Quelques 12833
hectares sont aménagés
et exploités en
casiers parmi lesquels
de nouveaux, comme le
casier de Kandiourou (185,
37 ha) et celui de Kogoni
Peulh pour près
de 552 hectares. En attendant
2007, où un programme
de 12500 ha est attendu
dans la Zone, les 42 villages
exploitants agricoles
s'attellent à atteindre
l'objectif de 84049 Tonnes
de riz pour la production
agricole de cette année.
Le Directeur de Zone révèle
que jusqu'à présent
aucune difficulté
majeure n'est constatée
sur les travaux de mises
en culture qui sont exécutés
normalement.
L'état
végétatif
est bon. Aussi, après
un début difficile
d'approvisionnement en
engrais, les paysans ont
vu cette situation s'améliorer
au fil de l'appui conseil
de la Zone. On ne dénombre
pas par ailleurs de cas
de maladie phytosanitaire.
Mais la menace acridienne
est là. La communauté
est déjà
sur pied de guerre et
s'organise par village
pour aller porter main
forte aux lointains mais
si proches voisins des
communes de Dogofry et
Nampala, où les
criquets ont élu
domicile. Ces organisations
paysannes se remarquent
d'autre part dans une
autre approche participative,
avec les 4 OERT ( Organisation
pour l'Entretien du Réseau
Tertiaire ) de Djenné
Coura, qui ont déjà
leur récépissé
et une quarantaine qui
voient leur dossiers en
cours d'élaboration.
Ces OERT disposent de
fonds (des cotisations
qui vont de 5000 à
10 000 F CFA) qui leur
permettent de sécuriser
leurs ouvrages quand le
travail physique ne le
permet plus. Une expérience
qui est entrain de faire
école dans toutes
les Zones rizicoles. Les
jeunes ruraux ont profité
de l'occasion pour réitérer
leur remerciement aux
responsables de l'Office
du Niger, suite à
leur installation. 14
jeunes ruraux dont 4 femmes
se partagent ainsi 70
hectares et ont pu bénéficier
de plus de 5 millions
de F CFA pour les frais
d'exploitation et un peu
moins pour l'acquisition
des engrais.
C'est ainsi
que l'ouverture de crédit
par la BNDA, rappelle
t-on a porté globalement
sur près de 17,
7 millions de F CFA, y
compris les travaux d'aménagement.
Ces jeunes ruraux ont
promis d'ici la fin de
l'année que les
autorités ne regretteront
pas le choix porté
sur eux au détriment
de milliers de leurs camarades
qui n'ont pas eu la chance.
Cependant, ils côtoieront
désormais 580 nouvelles
familles qui viennent
de s'installer sur 680,38
hectares, à cause
des évictions qu'ont
connues certains exploitants
qui se sont rechignés
à ne pas payer
la redevance eau, lorsqu'ils
sont plus de 97,08% de
leurs collègues
à s'acquitter du
montant dans pour ce qui
est des casiers. C'est
le cas malheureux de ce
village qui porte ironiquement
bien son nom (Famabougou)
dont le taux de recouvrement
est de 00% et qui souhaite
avoir un autre délai
pour payer sa redevance
eau.
La Zone
du Kouroumari bénéficie
cette année, grâce
au Programme National
d'Infrastructures Rurales
(PNIR) de la réhabilitation
du casier de Sokolo pour
5850 hectares. L'ouvrage
est d'une exceptionnelle
admiration et permettra
de réussir une
très belle campagne
dans la Zone. Mais encore
une fois, que les organisations
paysannes entretiennent
ces ouvrages et restent
en alerte constante au
moindre son d'une sauterelle.
H. Barro
ZONE
DE N'DEBOUGOU
PROMESSES DE BELLES RECOLTES
La
légendaire N'Debougou
garde jalousement ses
valeurs de pionnière
en matière rizicole.
Des champs bien entretenus,
des ouvrages sécurisés,
des champs de riz verdoyants
à perte de vue
et un encadrement qui
prend des initiatives
et qui rarement rencontre
des problèmes.
N'Debougou
a plus que les moyens
de réussir sa campagne
agricole cette année
où les hauteurs
de pluie sont en déca
de celles de l'année
dernière de près
de 220 mm au même
moment. Ce qui a permit,
contrairement aux zones
sèches, l'installation
des cultures à
un rythme satisfaisant
dans la mesure où
selon le Directeur de
Zone " les temps
de travaux ont été
mieux maîtrisés
". Ceci est estimé
cette année à
11290 hectares en casier
et 500 hectares en hors
casier.
Le
PDG de l'Office du Niger
a pu constater sur le
terrain le déroulement
de la campagne en rencontrant
sur son passage les paysans
à différents
ouvrages. Il ressort de
ce contact que la sélection
des semences et l'entretien
des exploitations sont
désormais des concepts
bien assimilés
par les paysans, qui font
régulièrement
la restitution et les
mettent en pratique. Comme
dans le champ d'Alou Diarra
où les 450 hectares
sont à l'état
de tallage et promettent
de meilleurs rendements
ou dans les champs école
de Kanassakoro avec 23
producteurs qui réussissent
formidablement une micro
expérimentation.
Aussi, il constatera que
la Zone s'est beaucoup
employée pour prendre
des mesures en vue d'éviter
toute gaspillage inutile
d'eau. Mais Issoufou Keita
a été réellement
impressionné par
l'entretien des réseaux.
Par exemple, l'effet dévastateur
des drains principaux
de Siengo et de Ndebougou
qui inondaient saisonnièrement
les villages alentour
comme Dabakan, et les
nuisances du marigot de
Dina n'est plus qu'un
lointain souvenir.
La
Zone de Ndebougou, grâce
aux fonds propres (plus
de 40 millions de F CFA)
de la redevance a construit
une digue sur la rive
droite du drain et curer
le marigot de Dina, permettant
ainsi la jonction de celui-ci
avec le KIE et faisant
du coup bénéficier
à plusieurs exploitants
cette année de
cultiver sereinement des
parcelles hors casier,
un peu plus de 580 hectares.
Les travaux agricoles,
eux se poursuivent bien,
avec un constat encore
que la superficie repiquée
cette année est
supérieure à
celle de l'année
dernière, les paysans
ayant démarré
très rapidement
la campagne, eu égard
à la disponibilité
en eau permanente. Certains,
à qui il a été
demandé de respecter
le calendrier agricole,
promettent de satisfaire
en approvisionnement riz,
les fêtards du 22
Septembre pour de nouveau
récolter dans moins
de 4 mois. Leur champ
jaunit, est donc au stade
de l'épiaison.
Il sera attendu en ce
moment là une production
rizicole de 81105 Tonnes
pour un rendement de 7
Tonnes à l'hectare.
Ndebougou qui a installé
382 nouvelles familles
sur 510 hectares (5% des
exploitants ne s'étaient
pas acquittés de
leur redevance eau et
ont été
évincés)
et 8 jeunes ruraux souhaite
voir le drain du KIE entretenu,
car il nécessite
une intervention mécanique,
en somme de gros moyens.
Le
PDG a exhorté les
paysans et l'encadrement
à garder l'élan
entamé par une
organisation sur le terrain,
une solidarité
contre les déprédateurs
et une vigilance sur la
chose collective.
R. Tolo