PHYSIONOMIE
DE LA CAMPAGNE AGRICOLE
A L'OFFICE DU NIGER
ZONE DE
MOLODO : EN PLEINE RENAISSANCE
!
En dépit
des circonstances difficiles
survenues sur le paiement
de la redevance eau dont
la moindre incidence négative
n'est pas le retard dans
la mise en culture, la
Zone de Molodo, qui a
malgré tout, atteint
95% de taux de payement
(mieux que l'an dernier)
se trouve aujourd'hui
à un niveau satisfaisant
du déroulement
de sa campagne.
On a mis
ici les bouchées
doubles. Tous les mécanismes
semblent être en
place pour tirer le meilleur
profit de cette campagne.
L'élargissement
des programmes de visite
et d'échange d'expériences
des paysans a porté
ses fruits. Les Organisations
Paysannes ont vu leur
capacité de gestion
de leurs membres renforcée.
Toutes choses qui ont
facilité la sensibilisation
de ces derniers pour l'utilisation
de la fumure organique
et l'entretien des cultures
et des ouvrages.
Le PDG de
l'Office du Niger a été
convaincu de cet aspect,
grâce par exemple
à l'aménagement
du Périmètre
de Tioffi. Même
si on peut encore mieux
faire à ce niveau,
l'initiative qui fait
entretenir 255 bénéficiaires
s'étend sur 245
ha aménagés,
dont 209 ha sont déjà
attribués. Aussi
Molodo vient de rentrer
dans le cercle des innovations
avec le programme GIPD
(gestion intégrée
des déprédateurs)
qui fait école
chez nombre de regroupements
paysans. Ce qui fait que
la situation phytosanitaire
est très calme
par rapport à l'année
dernière. Ainsi,
pour cette campagne, la
Zone attend une production
de 56 884 tonnes de riz
paddy sur ses 9334 hectares
de superficies prévues,
et pendant que dans les
Casiers réaménagés,
le rendement devrait atteindre
les 7 tonnes à
l'hectare, elle mise sur
6,1 tonnes à l'hectare
en moyenne pour toute
la campagne 2004-2005.
Le Directeur
de Zone, Famakan Dembélé,
qui a rappelé qu'un
large programme de sensibilisation
pour expliquer les avantages
de l'entretien du réseau
tertiaire se poursuit
en ce moment, dénote
cependant une ombre à
son tableau reluisant
: celle de l'approvisionnement
en engrais. Elle n'a pas
dépassé
lors de la tournée
du PDG de l'Office du
Niger dans la Zone les
490 tonnes de DAP, 44
tonnes de Sukube Sukube
et 830 tonnes d'Urée
alors que la prévision
prévue pour la
campagne se chiffre à
1325 tonnes pour le premier
intrant agricole et 1867
tonnes pour le dernier.
Relativement, cet approvisionnement
ne dépasse guère
les 40 % en fin du mois
d'août. Ceci a été
encore un aspect très
important sur lequel l'Office
du Niger est revenu tout
en le martelant à
ses partenaires.
Les paysans
doivent faire l'effort
de rembourser les crédits
qu'ils contractent auprès
des fournisseurs d'engrais
ou des banques qui leur
procurent cet intrant,
car de nos jours, de fonds
très importants
sont encore disponibles
dans certaines caisses
et autres fédérations
mutualistes afin d'effectuer
d'autres prêts,
ont clairement dit les
responsables de l'Office
du Niger avant de les
inviter dorénavant
à choisir des responsables
honnêtes et désintéressés
pour procéder aux
opérations de passation
de marché avec
les fournisseurs. A Molodo,
l'éviction de certains
des paysans pour non payement
de la redevance eau a
été un mal
nécessaire. Le
Délégué
de Niafassy, Siaka Coulibaly,
premier à prendre
la parole n'est pas passé
par quatre chemins pour
dire : " l'éviction
nous a donné une
bonne leçon. Nous
avons trop politisé
cette question de redevance,
or nous avons oublié
que les textes peuvent
nous rattraper à
tout moment ". Certains,
qui ont souhaité
que la question d'engrais
soit prise désormais
en compte dans le Contrat
Plan Office du Niger-Etat-Paysans,
alors que la délégation
de cette activité
est la seule propriété
de ces derniers, ont demandé
plus de mesures d'accompagnement
avec les travaux d'aménagement
qui se poursuivent dans
leurs villages.
Des promesses
ont été
faites pour l'aménagement
de pistes rurales en concert
avec les entreprises,
mais la délégation
de l'Office du Niger a
demandé plus de
créativité
pour que nos paysans ne
vivent pas seulement de
riz (diversification des
cultures) afin que l'agriculture
dans ces zones soit plus
durable. La Zone a connu
l'installation de 262
nouvelles familles installées
sur 329 hectares pendant
que 5 jeunes ruraux se
partageaient pour leur
première expérience
14 hectares pour un financement
de plus de 5 millions
de F CFA.
Habib Barro
ZONE
DE NIONO : GRANDEUR ET
CROISSANCE
C'est
la plus grande Zone de
production rizicole de
l'Office du Niger. Ses
symboles ont pour nom
Bewani, Koumouna, Retail,
KL/KO, Gruber etc.…
Des
casiers agricoles qui
prennent en charge aujourd'hui
plus de 26% des besoins
alimentaires du pays.
C'est dire que la Direction
de la Zone a semblé
apprécier les missions
à elle confiées,
en s'ingéniant
à faire de la campagne
agricole de cette année,
un levain de notre politique
de sécurité
alimentaire. Ici, les
atouts sur lesquels la
Zone s'appuie, ne manquent
pas.
197
Organisations pour l'Entretien
du Réseau Tertiaire
existent, et subissent
régulièrement
des formations sur la
gestion de l'eau, le suivi
évaluation des
activités et comment
gérer leurs finances.
Précurseur
de la lutte intégrée
des déprédateurs,
Niono compte abondamment
ses Champs Ecole Producteurs,
dont les animateurs sur
le terrain ont impressionné
la délégation
de la Direction Générale.
Les besoins en semence
de l'ordre de plus de
1000 tonnes satisfaits
entièrement cette
année et la pluie
qui est arrivée
tardivement occasionnant
une augmentation des superficies
pré irriguées,
vont permettre à
la Zone de Niono d'atteindre
ses objectifs de campagne.
Les 17 875 hectares mis
en culture dans les casiers
devront en principe permettre
de récolter 125
122 tonnes de riz, grâce
à un rendement
à l'hectare mesurable
de 7 tonnes. Sans compter
les 3000 hectares des
hors casiers se situant
uniquement dans le Gruber
et le KL/KO.
La
particularité de
la Zone cette année,
c'est qu'elle a fondé
beaucoup d'espoir sur
la diversification des
cultures. Les 103 villages
que compte la zone, ont
mis en valeur certaines
spéculations dont
le maïs, le niébé,
le gombo et le dah pour
près de 300 hectares.
Toute chose qui a fait
dire au PDG de l'Office
du Niger que " l'agriculture
durable passera désormais
par ça ".
Mais l'intérêt
particulier de la visite
sur le terrain a porté
sur le reboisement où
la délégation
de l'Office du Niger fut
admirative des 1800 pieds
d'eucalyptus qui jonchent
les 30 hectares du site
Bois Villageois de N6
Bis, dans le Casier du
Retail.
Cette
initiative va dans moins
de trois ans, permettre
aux paysans de diversifier
leurs sources de revenus.
Niono a remit ça
de nouveau, dans le KL4,
précisément
à Darinematou,
où on peut remarquer
12 000 pieds d'eucalyptus
plantés sur 20
hectares, quand Niessemouna
attend lui, incessamment
son tour d'ici la fin
de la campagne agricole.
La Zone n'est pas restée
en marge du projet d'installation
des jeunes ruraux, lorsque
ces derniers possèdent
à Niono la plus
grande superficie de leur
exploitation dans la Zone
Office du Niger. 80 hectares
ont été
aménagés
pour ces nouveaux agro
entrepreneurs au nombre
de 16. Ces derniers ont
vu l'arrivée de
nouvelles familles installées
dans la Zone, au bénéfice
de l'éviction de
terres, constatées
chez certains exploitants
mauvais payeurs de la
redevance eau. Ainsi ,1633
nouvelles familles ont
été installées
sur 1394 hectares.
Le
Directeur de Zone, Halla
Zoubeirou Touré
confie que, malgré
le retard pris dans leur
installation à
cause du report de la
date de payement de la
redevance eau fixé
jusqu'au 30 juin, ces
familles installées
particulièrement
à Niono et Bewani
poursuivent dans les normes
les opérations
culturales dont l'appréciation
est satisfaisante en ce
moment. Sauf qu'il fallait
s'y attendre, l'approvisionnement
en engrais pose ici comme
partout des problèmes.
C'est vrai que ces besoins
ont dépassé
la moitie attendue, mais
comme les paysans eux-mêmes
en ont soufflé
à l'oreille des
responsables de l'Office
du Niger, plus rien ne
sera comme avant avec
les dispositions qu'ils
prendront désormais.
Ils ont souhaité
néanmoins plus
de diligence dans la situation
des drains et des rongeurs
qui peuvent à tout
moment être causes
de calamité.
Dramane Bagayoko