COUR D'ASSISES
A SEGOU
LA
RANCON QUI SE PAYE
155 accusés
défilent depuis
le 10 mai pour répondre
de délits criminels
( 60 ) et de deux affaires
civiles. Pendant 17 jours
les rôles seront
dominés comme de
coutume par des meurtres,
atteintes aux biens publics,
assassinat et autre empoisonnement.
Toute chose qui réconforte
l'avocat général,
Elie Keita à demander
à la Cour plus
de châtiment pour
éviter l'accroissement
des crimes. Morceaux choisis.
PEINE
DE MORT POUR L'EX SERGENT
DE KATI
Nouhoum Tapily, Président
de la Cour d'Appel de
Bamako se forge de plus
en plus une réputation
de Mr Peine de Mort. Comme
l'an dernier avec l'affaire
du marabout pyromane,
une apparition le premier
jour, puis c'est la sentence
extrême de la Cour
d'Assises qu'il prononce.
Boubacar Sangare cet ex-sergent
chef de l'armée
malienne n'avait donc
pas de chance en comparaissant
le premier à la
barre. Domicilié
à Kati, il avait
demandé en mariage
Assitan Tangara dont la
main lui fut accordée.
Cependant et très
rapidement, Assitan se
rendit compte du vrai
caractère de son
mari : violent, agressif
et jaloux. L'ex-sergent
ne rate donc aucune occasion
pour infliger une correction
à sa femme au point
de lui briser le nez dans
une salle d'accouchement
lorsqu'Assitan était
allée voir une
de ses copines. Suite
à ces scènes
interminables, Assitan
et ses parents décident
de mettre un terme à
l'union. Mais, espérant
toujours récupérer
" sa " femme,
Boubacar Sangare tentera
par tous les moyens de
faire revenir celle ci
à de meilleurs
sentiments. Finalement
le 23 décembre
2002 il se rendra au domicile
d'Assitan afin d'avoir
des explications avec
celle ci. A son arrivée,
il constata l'absence
d'Assitan et décida
de l'attendre. Dès
son retour, la voilà
terrassée et sans
forme de procès,
égorgée
à l'aide d'un couteau
de cuisine. L'arrivée
des secours ne put rien
faire. Boubacar Sangare
niera les faits avant
de se raviser. "
J'ai été
agressé par Assitan
qui détenait le
couteau. Pour me défendre
je l'ai balancée
et le couteau l'a blessée
à la gorge "
se défend l'ex-sergent
à qui le président
rétorque : "
Boubacar, vous êtes
médaillé
du Mérite Militaire
doublement, après
la guerre Mali Burkina
et celle de la rébellion.
Croyez vous qu'un tel
soldat avait besoin de
tant de gymnastique pour
se défendre contre
une femme ? Vous avez
égorgé votre
femme, et par devant et
par la nuque. Il faut
être un initié
pour savoir qu'on ne peut
mourir de la sorte que
si la nuque est tranchée.
Voici les photos, si vous
êtes à même
de les supporter ".
La voix à peine
audible, il finira par
reconnaître le crime
que son avocat demandera
avec toutes les peines
de le confondre en coups
et blessures ayant donné
sans intention la mort.
La peine de mort sera
la sanction finale avec
une amende de 10 millions
de F CFA pour la partie
civile.
TRAVAUX
FORCES POUR ASSENI TRAORE
Dans la localité
de cette nuit du 31 Octobre
au 1er Novembre 1998,
la police venait d'être
avisée d'un drame
chez le couple Asseni
Traore-Korotoumou Diarra.
Quand ces derniers arrivèrent,
ils comprirent aussitôt
qu'Asseni venait de donner
la mort à sa femme
et avait tenté
de se suicider. On découvrit
dans la chambre du couple,
Korotoumou, gisant dans
une mare de sang, complètement
égorgée
avec la bouche fendue
par un couteau. Quant
à Asseni, il avait
la trachée artère
profondément entaillée
avec le même couteau.
Tout comme chez le juge
d'instruction qu'à
la barre, Asseni expliqua
que ce sont des forces
intérieures qui
lui dictaient de commettre
ce crime. Ses voisins
témoignèrent
qu'il lui arrivait de
traverser des crises assimilables
à la folie. Le
médecin légiste
trouve qu'Asseni jouit
de toutes ses facultés.
L'avocat de la défense
Me Tounkara ne pouvait
que demander des circonstances
atténuantes à
la Cour au bénéfice
de son client mais surtout
sa clémence. Nouhoum
Tapily a préféré
les travaux forcés
à perpétuité
pour un accusé
qui s'est bien réjouit
en fin de compte du verdict.
5 ANS
DE RECLUSION POUR CATHERINE
L'EMPOISONNEUSE
Le dimanche 7 janvier
2001 à Karangasso,
cercle de Koutiala, Delphine
Dembele nièce de
Christophe Dembele profite
d'une fête pour
amener le petit Clément
à l'église.
Clément, 4 mois
est le fils adultérin
de Christophe qu'il a
eu avec Mamou Dembele.
Ce que Catherine n'a jamais
digéré.
Parce que Clément
ne cessait de pleurer
à l'église
que Delphine finira par
demander à une
certaine Sanata Dembele
de ramener l'enfant à
sa mère. N'ayant
pas vu Mamou Dembele,
Sanata voulut rebrousser
chemin quand elle rencontra
Catherine. Cette dernière
lui reprit l'enfant et
rentra chez elle où
elle lui administra du
poison. En sortant, elle
ordonna à sa fille
de 7 ans, Félicité,
d'aller remettre l'enfant
à sa mère.
Au moment où Félicité
remettait l'enfant à
Mamou, Clément
était tout en pleur,
et sa bouche remplie de
salive dégageait
une odeur de poison, l'andine,
un produit toxique. A
la barre, malgré
ses dénégations,
Catherine fut confondue
par divers témoins
qui ajoutent que sa fille
Félicité
n'a pas hésité
à dire que sa mère
a donné un médicament
à Clément.
Ce que l'avocate de Catherine
battra en brèche.
Pour Me Aissata Sy, que
valent les propos d'un
enfant de 7 ans pour éclater
la vérité
dans cette affaire ? Faisant
un appel du pied à
la présidente de
la Cour qui est chrétienne,
Me Aissata Sy a vivement
demandé qu'elle
témoigne de ce
que sa cliente est aujourd'hui
blessée dans son
cœur lorsque Christophe,
contrairement à
sa religion se permet
de prendre une seconde
femme à côté
jusqu'à se faire
un enfant. Madeleine Maiga,
contre toute attente (
le ministère public
n'a fait aucun réquisitoire,
ni posé des questions,
demandant seulement à
la cour d'appliquer la
loi) infligea 5 ans de
réclusion à
Catherine pendant que
ni Christophe, ni Mamou
ne souhaite réclamé
des dommages.
SURSIS
POUR LES FAUSSAIRES DE
LA BMCD DE SEGOU
C'est une affaire
qui date de 1997. Mais
découverte deux
ans après. Mamadou
Tiemoko Traore, agent
BMCD de Ségou venait
de jouir de ses congés.
Derrière lui, Cheickna
Kone un commerçant
de Darsalam Ségou,
qui entretenait de bonnes
relations avec la COMATEX
remet un chèque
de 100 millions de F CFA
au complexe textile qui
sera rejeté pour
provision insuffisante.
Informé de cette
difficulté par
sa partenaire et très
surpris, le sieur Kone
saisissait l'Agence bancaire
de Ségou avec différentes
pièces justificatives
de ses opérations.
L'examen de ces pièces
fit ressortir que le solde
ne pouvait aucunement
justifier le rejet du
chèque. Les investigations
permettront de découvrir
qu'une opération
de dépôt
de la somme de 10 millions
de F CFA effectuée
le 2 juin 1997 par Cheickna
Kone avait été
saisie dans l'ordinateur
au profit du compte bancaire
de Benoît Diallo,
un commerçant de
la Mission Catholique
de Ségou et inversement
celle de la somme d'un
million de F CFA effectuée
par celui ci le même
jour avait été
saisie au profit de Cheickna
Kone. Rentré de
congé, Mamadou
T.Traore reconnut l'inversion
et explique l'avoir fait
sciemment. Au demeurant,
il précisa que
pour effacer les traces
de cette inversion il
procédait par annulation
d'écritures en
période d'ajustation,
c'est à dire de
vérification et
équilibrait simplement
le compte de Cheickna
Kone chaque fois qu'une
opération de retrait
d'un montant important
devait être fait
sur ledit compte. Aussi
soutient-il que s'il n'était
pas en congé cette
inversion n'allait jamais
être découverte
puisqu'il allait équilibrer
le compte de Cheickna
Kone et le chèque
n'allait pas être
rejeté. Du reste,
tout en affirmant avoir
informé son collègue
de service Oumar Sy dit
Barou, qui paraissait
lui aussi à la
barre pour complicité,
avant de lui montrer sur
l'ordinateur les écritures
interverties, Mamadou
T Traore déclare
avoir agi de la sorte
pour obtenir une mutation
et réagir contre
une injustice de son chef,
refusant de lui payer
ses heures supplémentaires.
Quant à Benoît
Diallo, après avoir
reconnu chez le juge d'instruction
le retrait par ses soins
des 10 millions, trouve
à la barre qu'il
n'a jamais été
informé de cette
opération quand
bien même le principal
accusé révèle
que Benoît l'avait
approché pour obtenir
un prêt lui permettant
de bénéficier
de l'achat des dons japonais.
Aussi une opération
fictive de remise de chèque
au bénéfice
d'un autre commerçant
du nom de Mamadou Bathily,
en fuite en ce moment,
d'une valeur de 4,1 millions
de F CFA a été
également découverte.
Interpellé, Mamadou
T Traore déclare
n'en être pas responsable.
Le débat qui a
duré 8 heures et
qui a rapidement permis
de savoir que l'interversion
ne souffre d'aucun doute
s'est achoppé sur
l'utilisation des 9 millions
manquant au compte de
Cheickna Kone. Le chef
d'agence Minkeila Maiga
a, selon ces termes, déduit
et supposé que
le retrait s'est opéré
en petit mouvement à
travers le relevé
de banque quand les avocats
de la défense lui
rappellent que dans une
assise de ce genre, la
supposition ou la déduction
ne tiennent pas. Ces derniers
s'étonnent qu'après
7 ans pour une simple
affaire on ne puisse les
donner des preuves fondées
de retrait d'argent à
travers par exemple des
chèques émis
par les accusés
pour soutirer les fonds.
Ils ont simplement demandé
à la Cour d'acquitter
leurs clients dont aucun
n'a pu dire que cette
interversion lui a profité
et qu'Oumar Sy détenu
pour complicité,
en n'ayant pas dénoncé
son collègue après
avoir eu vent de l'opération,
risquait de voir son accusation
se retourner contre lui
( fausses dénonciations)
s'il arrivait entre temps
au bénéfice
de ces Nouvelles Technologies
de l'Information à
Mamadou Traore de "
remettre tout en ordre
". Le Ministère
Public représenté
par Idrissa Arizo Maiga
a mis de l'eau dans le
moulin de la défense,
en reconnaissant que notre
société
ne porte pas en son cœur
les gens qui sont prêts
toujours à dénoncer
leurs concitoyens. Au
bénéfice
certainement du doute
et pour avoir déjà
rembourser 7 millions,
Mme Ba Aminata Traore
la Présidente de
la Cour a condamné
Mamadou Traore et Benoît
Diallo à 3 ans
de prison avec sursis,
6 mois de prison avec
sursis pour Oumar Sy et
20 000 F CFA d'amende
pour chacun tandis que
Mamadou Bathily en fuite,
écope de 5 ans
de prison ferme et 500
000 F CFA d'amende.
Moutta