Le Ségovien

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Reportage du mois

LE PHENOMENE DES CHARRETTES A SEGOU

Fali wotoro     Il n'y avait pas un taxi en circulation à Ségou les 28, 29 et 30 avril 2003. Tous ont décidé d'aller en grève contre….les charrettes. Du moins, contre la non application de l'arrêté municipal interdisant aux charrettes de circuler sur les artères principales.

Un arrêté qui a du mal a être observé tant le phénomène charrette à Ségou est complexe. Une boutade ne dit elle pas que "tous les maires possèdent ici à Ségou leur charrette". Car les charrettes poussent comme des champignons, devenant du coup un phénomène de société qui ne va pas sans récrimination de la part des citoyens qui assistent, impuissants, à la loi de ces animaux de selle.

Source de nombreux accidents, il n'est pas rare de voir de petits enfants les conduire quand ce ne sont pas les ânes eux même qui se laissent guider tous seuls.

Aujourd'hui, face à une carence de moyens de transport , les populations font avec.

Les trajets PELENGANA Ségou VILLE et SEBOUGOU Ségou VILLE sont régulièrement desservis par les charrettes à raison de 25 F CFA par occupant.

Abdoulaye GUINDO nous confie avoir par jour 3000F CFA. Elles sont également des accessoires de travail pour les Groupements d'Intérêt Economique s'occupant de l'assainissement. La Mutuelle pour la salubrité et le reboisement s'en sortait avec des gains journaliers oscillant entre 15000 et 20000 F CFA. Toutes ces charrettes sont imposables à la mairie, mais rares sont celles qui se laissent attraper dans les filets de l'hôtel de ville. Tout comme les charrettes qui sont utilisées pour le transport de certaines marchandises à travers la ville. Ne payent les taxes (250 F CFA ) que les charrettes à vocation agricole venant des faubourgs. Cette somme minable est malheureusement source de conflit entre couvreurs de la mairie et charretiers. Les municipalités qui gèrent les mouvements de ces équidés sont confrontés à un dilemme : celui d'être pris entre un phénomène de culture grandissant et celui de jouer le rôle régalien qui lui sied.

Malgré tout, disons ceci : les charrettes ont rejetés leur vocation d'antan, celle de constituer une main d'œuvre de culture, pour s'immiscer finalement dans la circulation urbaine. Il faut donc réglementer leur circulation. C'est le moins qu'on puisse demander aux autorité . On se rappelle de l'arrêté municipal de 1992. .Aucune charrette ne devait circuler sur les artères principales. Défense aux enfants de moins de 18 ans de les conduire. Obligation aux charretiers d'avoir des feux de signalisation ……etc.

Une décennie , que cet arrête est devenu lettre morte. Tous les conseils municipaux ont échoué à ce niveau. Et ainsi les " Fali wotoro ", leur appellation en bambara, ont de beaux jours devant elles.


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